Dorotheus de Sidon & les Maisons astrologiques
Dorotheus de Sidon a joué un rôle décisif dans la transmission de la signification des maisons astrologiques, particulièrement dans le passage de l’astrologie hellénistique à l’astrologie médiévale romaine et arabe. Son œuvre, notamment le "Pentateuque" (ou Carmen Astrologicum), est un texte fondamental qui a servi de pont entre ces deux époques. Bien que les copies originales grecques de son œuvre soient perdues, des traductions en persan et en arabe, notamment celle réalisée par Omar al-Tabari au IXe siècle, ont permis la conservation de sa pensée.
Dorothée et les maisons astrologiques
Dans l’astrologie hellénistique, les maisons étaient déjà utilisées pour interpréter des thèmes astrologiques, mais c’est à travers des auteurs comme Dorothée que leurs significations se sont stabilisées et ont été transmises aux astrologues médiévaux comme Abū Maʿshar, Al-Qabisi et d’autres. Dorothée a systématisé l’usage des maisons en se basant sur la logique géométrique et symbolique du zodiaque, tout en fournissant des exemples pratiques dans ses textes.
Les significations des maisons chez Dorotheus
Voici une description des significations des maisons astrologiques telle qu’elle est présentée dans le Carmen Astrologicum :
Maison I (Ascendant) : Représente la vie du natif, sa constitution physique et ses débuts. Dorothée met l'accent sur la qualité des planètes qui aspectent l'Ascendant pour juger de la vitalité.
Maison II : Associée aux finances et aux possessions matérielles. Il insiste sur l’importance de la Lune et des planètes en aspect avec cette maison pour déterminer les fluctuations des richesses.
Maison III : Liée aux frères, sœurs et proches, ainsi qu’aux courts voyages. Dorothée utilise aussi cette maison pour juger des affaires intellectuelles et des liens avec l'entourage immédiat.
Maison IV (Fond du Ciel) : Relatif aux origines, à la famille et aux biens immobiliers. Il attache une importance particulière à la Lune et à Saturne pour interpréter cette maison.
Maison V : Associée aux enfants, aux plaisirs et aux activités créatives. Dorothée y traite aussi des relations amoureuses et des divertissements.
Maison VI : Représente les maladies, les serviteurs et le travail subalterne. Elle est souvent jugée par la condition de Mercure et des planètes malignes qui s’y trouvent.
Maison VII (Descendant) : Les partenariats, mariages et ennemis déclarés. Dorothée en parle comme d'une maison centrale pour évaluer la qualité des unions.
Maison VIII : Liée à la mort et aux héritages. Il examine la position des planètes pour juger de la nature de la fin de vie ou des biens reçus après décès.
Maison IX : Associée aux voyages lointains, à la religion et à la sagesse spirituelle. Le Soleil et Jupiter sont essentiels pour comprendre cette maison.
Maison X (Milieu du Ciel) : Carrière, honneurs et réputation publique. Dorothée y voit une maison déterminante pour juger des accomplissements du natif.
Maison XI : Les amis et les espoirs. Dorothée accorde une grande importance à cette maison pour évaluer les soutiens extérieurs dans la vie du natif.
Maison XII : Les ennemis secrets, les épreuves et l’isolement. Saturne est souvent analysé en lien avec cette maison.
Bien que l’œuvre de Dorothée ne se présente pas sous la forme d’un traité systématique des maisons, plusieurs passages de son texte abordent ces significations, souvent dans le cadre de règles générales pour la lecture du thème natal ou des chartes électives. Voici quelques exemples significatifs :
Livre I, section sur les significations générales : Dorothée introduit l’importance de l’Ascendant et des maisons angulaires pour juger du thème dans son ensemble. Il explique comment les aspects avec les luminaires influencent ces maisons.
Livre II, sur les relations avec la famille et les biens : Dorothée discute des maisons IV et II dans le contexte de la richesse familiale et des héritages.
Livre III, sur le mariage : Dans ce livre, il détaille l’utilisation de la maison VII pour juger des partenariats et des unions.
Livre IV, sur les enfants et la maladie : Il traite des maisons V et VI, donnant des exemples concrets pour interpréter la fécondité ou les afflictions.
Le Carmen Astrologicum de Dorotheus a été un modèle pour les astrologues ultérieurs, notamment ceux du monde islamique, qui ont intégré et enrichi ses concepts. Al-Qabisi, par exemple, reprend les structures des maisons directement inspirées des 5 livres de Dorotheus de Sidon. De même, Abū Maʿshar s’appuie sur les travaux de Dorothée pour élaborer ses propres interprétations.
Ces idées ont été réintroduites en Europe à travers les traductions latines des textes arabes, devenant ainsi une base pour l’astrologie médiévale et la tradition astrologique occidentale subséquente.
Dorotheus de Sidon a eu une influence considérable dans la transmission des significations des maisons astrologiques. Ses travaux ont permis de systématiser l’astrologie hellénistique et de poser les bases qui ont été reprises et développées par les astrologues médiévaux. Le Carmen Astrologicum, bien que fragmentaire, reste une source incontournable pour comprendre cette évolution.
Sources :
Manuscrits modernes et éditions critiques
David Pingree, un érudit du XXe siècle spécialisé en textes astrologiques anciens, a travaillé sur des traductions et commentaires critiques des versions arabes et perses du Carmen Astrologicum. Il a publié une édition critique et une traduction anglaise basée sur ces sources, intitulée :
Dorothei Sidonii Carmen Astrologicum (Édition et traduction, 1976).
Cette édition inclut les textes arabes et persans, ainsi que des annotations détaillées pour restituer les idées de Dorothée dans leur contexte.
Études académiques modernes
Des chercheurs modernes ont étudié les fragments et la transmission des textes de Dorothée, en particulier :
Robert Hand, spécialiste de l’astrologie antique, qui a exploré la transmission de l’astrologie hellénistique dans son ensemble.
Dorian Greenbaum et d'autres érudits, qui ont analysé la continuité entre les traditions hellénistiques et médiévales.
Benjamin Dykes traduction anglaise du Carmen Astrologicum de Dorotheus de Sidon, qui est précieuse pour les chercheurs contemporains. Cette traduction s’inscrit dans le cadre de son travail de récupération et de diffusion des traditions astrologiques anciennes
Dorotheus’s Carmen Astrologicum (2nd Updated Edition)
Accès aux manuscrits
Bibliothèque Bodléienne (Oxford) : Manuscrits arabes et persans contenant des extraits attribués à Dorotheus.
Bibliothèque nationale de France (BnF) : Manuscrits astrologiques médiévaux incluant des références au Carmen Astrologicum.
Bibliothèque Vaticane : Textes en latin médiéval qui se rapportent à Dorotheus et ses successeurs.